Les
7 Maliens membres de la Dawa islamique, tués à Diabali dans la nuit de
samedi à dimanche 9 septembre, ont été inhumés ce vendredi après midi au
cimetière de Niamakoro. La prière mortuaire a eu lieu devant la mosquée
Markaz de Banankabougou et a été dirigée par l’Imam Mahmoud Dicko,
président du Haut Conseil islamique du Mali.
La cérémonie a donné lieu à une grande
mobilisation des musulmans qui sont venus de tous les quartiers de
Bamako et des différentes régions du Mali pour exprimer leur compassion
et prendre part à la prière. Ainsi plusieurs milliers de membres de la
Dawa islamique ont pris part à la prière, ainsi que des leaders
religieux comme le Chérif Ousmane Madani Haïdara, Soufi Bilal et
plusieurs autres membres du Haut Conseil islamique. Une forte présence
des hommes armés a marqué la cérémonie funéraire de ce vendredi.
Depuis la fusillade qui a occasionné la
mort des 16 membres de la Dawa à Diabali, la mosquée Markaz de
Banankabougou est sous haute surveillance sécuritaire, avec la présence
des gendarmes et policiers dans la cour de la mosquée et aux alentours.
Quatre ministres désignés par le gouvernement étaient présents lors des
obsèques : le ministre de la défense et des Anciens combattants, le
colonel-major Yamoussa Camara, celui des affaires religieuses et du
culte, Yacouba Traoré, le ministre de l’Administration territoriale, le
colonel Moussa Sinko Coulibaly et celui de la Santé, Soumana Makadji.
Lors de la grande prière du vendredi,
les prêcheurs de la mosquée ont véhiculé un message de paix en soutenant
que si « cet incident est arrivé par ceux-là mêmes qui sont chargés
d’assurer notre sécurité, on ne peut que s’en remettre à Dieu qui l’a
voulu ainsi. Nous n’allons prendre ni fusil ni sabre pour nous venger,
il faut pardonner et rester dans l’esprit de la Dawa », a souligné le
prêcheur avant la prière. Ne dites rien qui puisse choquer, a-t-il
indiqué « Si quelqu’un entreprend autre chose, ce n’est pas une
décision des responsables de la Dawa », selon le prêcheur. Nous
considérons la terre et le monde entier comme appartenant à Dieu et
l’Islam est la religion qu’on doit pratiquer selon les prescriptions de
Dieu.
C’est un message d’amour que nous
véhiculons sans violence. « Si on l’insulte ou on le frappe, le prêcheur
de la Dawa islamique ne doit pas réagir par le même geste, mais doit
s’en remettre à Dieu et pardonner », selon le prêcheur qui parlait avant
le démarrage de la prière du vendredi à la mosquée Markaz. Il a prêché
pour la paix au Mali qu’il a souhaité uni et a appelé ceux qui ont pris
la voix de la violence au nord mali à déposer les armes. La prière s’est
déroulée dans un climat de compassion.
Approché, le secrétaire chargé de la
communication du Haut Conseil islamique, le Dr Mohamed Kimbiri, a
exprimé sa compassion aux familles des défunts tout en condamnant la
fusillade à l’origine de leur mort.
La rencontre de la Dawa islamique qui
était prévue à Bamako du 14 au 21 septembre à la mosquée Markaz, et à
laquelle devaient prendre part les prêcheurs a été annulée suite à la
mort des 16 prédicateurs (8 Mauritaniens et 8 Maliens) de la Dawa à
Diabali. L’annonce de cette annulation avait été faite par Tiefing
Konaté, ministre de la sécurité intérieure et de la protection civile,
lors de l’Assemblée générale sur la situation sécuritaire, réunissant
les responsables des services et les structures relevant de son
département, le jeudi.
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B. Daou
Source : Le Républicain du 17 Septembre 2012.
Source : Le Républicain du 17 Septembre 2012.
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